Le sens de la communication
Dans un processus de communication, une personne envoie un message verbal ou non verbal à une autre personne. Il y a communication complète lorsque la personne qui reçoit le message le comprend exactement de la façon prévue par la personne qui l’envoie.
La communication fonctionne selon un certain schème. Le sens d’un mot ou d’un symbole dépend de l’endroit où il a été appris et de ce à quoi il est associé. Par exemple, nous connaissons tous le sens commun du mot
« écœurant» ; mais dans le vocabulaire commun, ce mot est souvent utilisé pour dire signifie « délicieux » si associé à la nourriture. Deux personnes ne définissent pas forcément un même mot de la même façon. Divers facteurs, comme les antécédents culturels, sociaux, la nationalité et la profession affectent le sens des mots.
Les obstacles à la communication
Le plus grand obstacle à une communication complète est la tendance de la personne à laquelle le message s’adresse à juger — approuver ou désapprouver, classifier comme « bien » ou « mal » — un énoncé avant même d’avoir reçu le message au complet. Nous manquons souvent une certaine partie du message pour diverses raisons. Nous nous laissons distraire par un énoncé précédent, nous nous préoccupons plus de nos propres sentiments, de nos pensées, ou nous nous concentrons sur ce que nous allons dire. Ces attitudes peuvent déformer le message entendu et même, la réponse.
Savoir écouter
Savoir écouter est à la base d’une communication complète. Écouter est une action active et non pas passive, car il faut que la personne veuille vouloir comprendre tout le message de la façon prévue. La personne qui écoute doit aussi se pencher sur les réactions qu’elle peut avoir, comme les préjugés ou les distractions. Savoir écouter est une capacité que l’on peut développer et évaluer.
La supervision et ses principes
La supervision inclut toujours quatre principes de base:
- Préparation : Aider le participant à se concentrer sur ce qu’il doit apprendre.
- Présentation : Lui démontrer et lui expliquer ce qu’il doit apprendre.
Mise en pratique : Laisser le participant faire des essais et corriger ses erreurs.
- Vérification : Vérifier avec le participant ce qu’il a appris.
La supervision doit se situer au niveau des difficultés réelles des participants, et non pas à celui des symptômes. Elle doit répondre à un besoin réel du participant. Tout apprentissage imposé est de courte durée. La supervision donne de biens meilleurs résultats lorsque le désir d’apprendre est là.
Le participant est responsable de son apprentissage. Il doit participer et se montrer actif dans le processus de la supervision, en faisant un effort pour diagnostiquer ses difficultés, étudier les diverses possibilités qui s’offrent à lui et formuler des solutions pratiques.
Et bien sûr, pour évaluer et renforcer cet apprentissage, un suivi s’impose. La rétroaction sur le rendement du participant doit être aussi rapide et utile que possible. Les réussites doivent être soulignées et leur nombre doit être supérieur à celui des échecs. Il est important que le participant progresse sur la voie de l’amélioration de ses compétences.
La clarification des faits
L’un des points les plus importants du processus de counseling est de s’assurer que le conseiller et les participants savent précisément et clairement où se situe le problème. La plus grande partie des échecs en counseling est due à une mauvaise compréhension du problème.
Très souvent, c’est précisément ce manque de clarification du problème qui cause le véritable ennui. En ne se rendant pas compte de ce qui n’allait pas, le participant a essayé en vain de faire face à ses difficultés et d’y remédier de façon inefficace. Généralement, les personnes elles-mêmes peuvent résoudre un problème déjà ancien dès qu’elles replacent les faits dans les perspectives correctes.
Après avoir établi une communication avec le participant, et clarifié le problème de manière spécifique, le conseiller doit être sûr d’avoir une réponse aux sept questions qui suivent. Il n’est pas nécessaire de les poser de façon mécanique ; mais pendant la conversation, le conseiller devrait obtenir le maximum de détails sur ces différents points.
Quand est-ce que ce problème se manifeste ?
Depuis combien de temps est-il présent ?
Pour clarifier le problème, il est très important de savoir quand les premiers signes de sa manifestation sont apparus (voir Journal de Bord à l’annexe V). Par exemple, la personne qui se trouve en face de vous souffre-t-elle d’angoisse de façon continue, ou bien seulement pendant un certain cours, à l’école, ou en présence de certaines personnes seulement ? Définir exactement les moments pendant lesquels se pose le problème, vous aidera à en trouver les causes. De nombreux problèmes d’ordre général s’avèrent être des problèmes spécifiques de relations interpersonnelles qui se règlent relativement facilement une fois clarifiés.
En sachant depuis combien de temps ce problème existe, il vous sera plus facile de le cerner. Si un élève vous signale, par exemple, qu’il se sent seul ou angoissé depuis une dizaine d’années, il est évident que le problème n’est pas le même que s’il s’agissait-là d’une toute nouvelle expérience. D’une façon générale, les problèmes qui existent depuis longtemps sont difficilement résolus dans le cadre du counseling offert par AFS . Par contre, les problèmes qui se manifestent de façon soudaine, qui sont nouveaux dans l’expérience que vit le participant, peuvent se résoudre beaucoup plus facilement.
Comment les gens qui vivent cette situation la voient-ils ?
N’assumez jamais qu’une seule version que l’on vous fait d’un problème est la bonne. Il est parfois tentant d’accepter la version que vous présente le participant de ce qui se passe entre lui et les membres de la famille d’accueil. Ceci est d’autant plus vrai lorsque vous vous êtes attaché au participant et que vous avez établi une bonne relation entre vous. Mais dans presque tous les cas, lorsque vous entendez la version des faits présentée par la famille, vous vous rendez compte qu’elle est différente de celle du participant.
Si vous vous occupez d’un participant qui éprouve des difficultés avec les autres membres de la famille d’accueil, vous devriez prendre immédiatement les mesures nécessaires pour découvrir comment les membres de cette famille vivent ce malaise.
Vous pouvez également inverser les rôles et ainsi obtenir de plus amples détails et peut-être aider les personnes impliquées à percevoir la situation telle que les autres la voient de l’extérieur. « Qu’est-ce que tu penses que ta “mère” dirait, et comment penses-tu qu’elle réagirait si elle était ici et qu’elle entendait ce que tu me dis ? »
Vous trouvez-vous en présence de symptômes physiques ou psychiques ?
Un petit nombre de problèmes de type physique trahissent en fait des difficultés psychiques ou émotives sous-jacentes. Afin de vous protéger, et de protéger la famille d’accueil et le participant, vous devez absolument vous assurer que le participant voit un médecin dès qu’il se plaint de troubles physiques.
Exigez un rapport détaillé de la santé physique du participant, ainsi que des malaises dont il se plaint. La personne elle-même peut très bien n’avoir vu aucun rapport entre ses maux de tête et les problèmes qu’elle est en train de vous exposer, et ce n’est donc pas de plein gré qu’elle parlera de ses symptômes.
Vous trouverez ci-dessous une liste des symptômes qui peuvent trahir un problème plus grave et qui exigent une attention immédiate :
- Toute parole, dans la conversation d’un participant, blessante pour lui-même ou pour les autres.
- Tout signe de perte de contact avec la réalité — la personne agit comme « une folle ».
- Un changement brusque et important du comportement.
- Un repli inhabituel sur soi-même : la personne évite tout contact avec la famille, les enfants et se replie sur elle-même.
- Recours aux drogues interdites ou abus de boissons alcoolisées.
- Manque de sommeil, sommeil irrégulier, ou sommeil très différent de la normale.
- Plaintes relatives à un problème physique grave, ou accumulation de « petits bobos ».
- Changements ( hauts et bas ) émotifs fréquents et sans fondement.
- Dépression, angoisse, mal du pays excessifs et continus.
- Manque d’appétit, heures de repas irrégulières ou changement au niveau des repas.
- Toute action ou déclaration vous mettant très mal à l’aise ou vous inquiétant.
Si vous remarquez l’un ou l’autre des symptômes ci-dessus, vous devez immédiatement discuter à fond du problème avec le participant et les membres de la famille d’accueil dans le but, si possible, d’obtenir tous les éclaircissements qui vous permettront d’aviser immédiatement le responsable local des conseillers ou la personne en charge au bureau AFS .
Après avoir discuté du problème, vous vous rendrez peut-être compte que les choses sont sous contrôle et qu’elles peuvent reprendre leurs cours, en restant en contact continu avec le responsable local des conseillers. Si les mesures prises s’avéraient insuffisantes, le responsable local des conseillers peut contacter un employé du bureau AFS qui vous accordera toute l’aide supplémentaire requise.
Bien que dans la plupart des cas, les symptômes décrits ci-dessus ne sont que des réactions normales aux situations qui se présentent et font partie du cycle d’adaptation, des années d’expérience en counseling auprès des participants nous ont démontré que ces symptômes sont également très souvent les signes précurseurs de difficultés à venir, ou sont causés par des problèmes physiques ou émotifs inhabituels. En les détectant dès le début, vous augmenterez les chances d’y trouver des solutions efficaces et durables.
Qu’est-ce que la personne a essayé de faire pour résoudre son problème? Que propose-t-elle comme solution ?
En cherchant à savoir de quelle façon une personne a déjà essayé de remédier à son problème, vous saurez si elle voit les choses de façon réaliste, comment elle les comprend et avec quel sérieux elle a essayé d’y apporter des solutions. Aider une personne à prendre ses responsabilités et à résoudre ses problèmes est déjà une étape importante. La seule personne qui peut sortir quelqu’un de son dilemme est celle qui s’y trouve.
Y a-t-il des choses qui se contredisent sur le plan des sentiments, du contenu, des attitudes ?
Contrairement aux autres questions, celle-ci n’est pas posée directement au participant ; il s’agit d’une question que le conseiller doit garder en tête. En remarquant les contradictions entre ce que la personne est en train de dire et entre ce qu’exprime son corps, entre le contenu verbal et les sentiments qui l’accompagnent, vous réussirez peut-être à comprendre ce qui se passe vraiment.
Une personne peut déclarer : « J’aimerais vraiment savoir quoi faire pour m’entendre avec mon frère d’accueil », alors que vous remarquez qu’elle secoue la tête en signe de dénégation en disant cela. Ou bien: « Tout va bien entre cette fille et moi », et vous remarquez que la personne en disant cela serre les poings. Faites voir ces contradictions, non pas par un : « Là, je te tiens, tu viens de te trahir ! », mais en disant plutôt : « Je ne sais pas si tu as remarqué… ? »
Quelle est la différence entre ce que la personne veut et ce qu’elle croit devoir faire ?
La plupart des demandes d’aide que vous recevrez se présenteront sous la forme : « Je pense que je devrais faire mieux », ou « J’apprécierais beaucoup si tu pouvais faire cela pour moi ».
Toutes ces formes de « conditionnels » entraînent rarement la réussite étant donné qu’elles se basent sur une partie très critique de l’individu.
Vous pourrez clarifier le problème plus facilement en demandant : « Je sais que tu penses que tu devrais te joindre au groupe, mais je me demande si au fond de toi, tu veux vraiment le faire. » Si vous remarquez une différence importante entre ce qu’une personne « pense qu’elle devrait » faire et entre ce qu’elle « veut » faire, demandez-lui d’expliquer cette différence. Lors d’une session de counseling, tentez de savoir rapidement comment une personne aimerait résoudre son problème et partez de là, tout en évitant les « devrait ».
Une remarque sur la nature confidentielle des renseignements :
Le participant ou les membres de sa famille d’accueil peuvent parfois exiger que les détails concernant un certain problème ne soient répétés à personne. En tant que conseiller, vous avez le devoir de respecter le caractère confidentiel des renseignements qu’un participant vous confie, mais vous devez expliquer au participant que votre rôle est également d’avertir AFS des situations qui affectent son expérience.
Vous devez rassurer les étudiants et les membres des familles d’accueil en leur expliquant que les renseignements que vous communiquez au bureau AFS sont traités avec tact et que le personnel du bureau du pays d’origine fait preuve de sensibilité lorsqu’il entre en contact avec les parents du participant. AFS, en tant qu’organisme, est responsable du bien-être du participant tout au long de son expérience et joue le rôle des parents ou tuteurs en cas d’accident ou en cas d’urgence. Cependant, les parents naturels demeurent les responsables légaux tout au long de l’année et AFS doit les tenir au courant du bien-être de leur enfant.
Si vous avez des questions ou si quelque chose vous préoccupe sur la nature confidentielle des informations, le personnel d’AFS vous aidera à clarifier les problèmes, qu’ils soient d’ordre général ou spécifique.